Julien Danero Iglesias

University of Glasgow
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[English, Français]

julien danero iglesias 2I was born in Brussels (Belgium), a multicultural city in a multilingual country in which issues of linguistic and cultural interpretation are important in an everyday context. My own family is multilingual, and issues of when and why using a language, in which context and for which purpose, have always been very intriguing to me. This permanent questioning prompted me to first investigate cases of nationalism when I was an Erasmus Master student in Romania in 2004.

The first task when I arrived in Romania was to learn Romanian. But, while I was working on nationalism in Romania, an excursion to neighbouring Moldova put me in front of the unexpected: in the capital, Chisinau, signs are written in Romanian and in Russian, people switch languages depending on the situation and multilingualism is not always harmonious. The situations, even in a very different historical and geographic context, were similar to those I knew in Belgium. This led me to embark on a PhD research project on bilingualism in Moldova in 2006 which ended as a project on the discursive construction of nationhood in the country. In order to fully understand the Moldovan society today, a new task was to learn Russian, the language that once was dominant in the country. While not fluent in Russian, my basic knowledge of it put me in interesting situations, when, in some shops, the seller would speak to me in Russian and I would answer in Romanian. The seller would maybe think I was a strong Romanian nationalist who would not want to switch language while I could believe that the seller had always been taught that Romanian is a “bourgeois” and “fascist” language which is of no use in public life.

I defended my PhD dissertation in December 2011 and since then, I have been working on a postdoctoral research project on the influence of the border of the European Union on Romanian populations living on the “wrong” side of the EU border with Ukraine, Serbia and Moldova. This showed me new relations between people in multilingual environments, where multilingualism is not anymore seen as a problem but rather as a positive feature: Romanians in Serbia switch from their dialect to literary Romanian or to Serbian and feel like a proud minority. But relations can still be tensioned, as when Romanians in Ukraine are ashamed to speak in their own language when they leave their village for the “city”. At the same time, being a minority in Serbia or in Ukraine make them different from Romanians in Romania, which live in a monolingual environment.

Without focusing exactly on multilingual issues, my research has always been evolving around such issues. Working in multilingual environments has already shown me some of its complexities, like the need to understand that language is only a first gateway into a new world which requires constant adaptation. It has shown me some of its possibilities such as new sources, new empirical materials and new ways of seeing and conceptualising research objects. Being part of the Researching Multilingually project will be the first time I will have the opportunity to understand and to tackle these issues comprehensively.

[Français]

Je suis né en Belgique, à Bruxelles, une ville multilingue dans un pays multilingue où les questions d’interprétation linguistique et culturelle sont chaque jour importantes. Ma famille est aussi multilingue, et savoir quand et pourquoi utiliser une langue, dans quel contexte et à quelles fins m’a toujours beaucoup intéressé. Ce questionnement permanent m’a lancé dans une première recherche sur le nationalisme quand j’étais un étudiant Erasmus en Roumanie en 2004.

Ma première tâche quand je suis arrivé dans ce pays a été d’apprendre le roumain. Mais, alors que je travaillais sur le nationalisme en Roumanie, un week-end en Moldavie voisine m’a fait voir quelque chose d’inattendu : dans la capitale, Chisinau, les signes sont écrits en Roumain et en Russe, les gens changent de langues dans différentes situations et le multilinguisme n’est pas toujours pacifique. Cette situation, bien que dans un contexte historique et géographique fort différent, est similaire à certaines situations rencontrées en Belgique. Cela m’a conduit à commencer en 2006 une recherche de thèse sur le bilinguisme en Moldavie, qui s’est terminée en un projet sur la construction discursive de la nation dans ce pays. Afin de comprendre pleinement la société moldave actuelle, une nouvelle tâche a été d’apprendre le russe, langue auparavant dominante dans ce pays. Même si je suis moins de parler cette langue couramment, mes connaissances m’ont mis dans des situations intéressantes, quand, dans certains magasins, la vendeuse me parlait en russe et je lui répondais en roumain. La vendeuse a pu penser que j’étais un nationalisme roumain qui ne voulait pas changer de langue tandis que j’ai pu m’imaginer qu’on avait toujours appris à la vendeuse que le roumain est une langue « bourgeoise » et « fasciste » qu’il ne faut pas utiliser dans la vie publique.

J’ai soutenu ma thèse de doctorat en décembre 2011 et, depuis, j’ai travaillé sur un nouveau projet postdoctoral sur l’influence de la frontière de l’Union européenne sur les populations roumaines vivant du « mauvais » côté de la frontière entre la Roumanie d’une part, et l’Ukraine, la Serbie et la Moldavie d’autre part. Cette recherche m’a montré de nouvelles relations entre les personnes dans des environnements multilingues, où le multilinguisme n’est plus vu comme problématique : les Roumains de Serbie passent de leur dialecte au roumain littéraire ou au serbe et se sentent une minorité fière. Toutefois, les relations peuvent être tendues, comme quand les Roumains d’Ukraine ont honte de parler leur propre langue quand ils quittent le village pour aller à la « ville ». En même temps, être une minorité en Ukraine ou en Serbie les rend différent des Roumains de Roumanie, qui vivent, eux, dans un environnement multilingue.

Sans avoir été axée directement sur les questions de multilinguisme, ma recherche a toujours touché de près ou de loin à ces questions. Travailler dans un environnement multilingue m’a déjà montré certaines de ses complexités, comme le besoin de comprendre que la langue n’est qu’une première entrée dans un nouveau monde qui requiert une adaptation constante, mais aussi certaines de ses possibilités, comme l’accès à ce nouveau monde, avec ses nouvelles sources, ses nouveaux matériaux empiriques et ses nouvelles manières de voir et de conceptualiser les objets de recherche. Faire partie du projet « Researching multilingually » marquera la première fois que j’aurai l’occasion de comprendre et de traiter pleinement de ces questions.

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